Les Soldats de L’Espérance (1994) VF


Les Soldats de L'Espérance (1994) VF
1980, Ebola en Centre Afrique. Une épidémie de nature inconnue décime le personnel d’un hôpital de brousse. Jeune virologiste du CDC, l’organisme chargé d’analyser les causes et les conséquences des maladies, Don Francis va se trouver confronté à la plus grave des epidémies des temps modernes, bientôt nommée AIDS, le SIDA…
Rares sont les films qui évoquent le sida comme thème unique. En France, la plupart des films qui se sont attaqués au sujet, l’ont toujours croisé avec d’autres problématiques pseudo intellectuelles et plutôt complaisantes qui traduisent un certain nombrilisme des réalisateurs (comme Beauvoir). Aux USA, le tabou est encore plus grand et même Philadelphia, que l’on cite toujours comme une référence, a dû aborder les discriminations, car il ne trouvait pas les financements pour être produit et réalisé, à cause du sujet. Quelques téléfilms excellents (Le combat d’Allison, Pour l’amour de Ryan, Le printemps de glace…) ou du moins intéressants et audacieux ont réussi à voir le jour à la fin des années 80 ou au début des années 90. Mais depuis 10 ans, plus rien ou presque sur le sida, comme si ce n’était plus à la mode, si ça n’intéressait plus personne, et encore moins le milieu du cinéma…

Les soldats de l’espérance est à ma connaissance le seul film à avoir osé s’attaquer au terrible fléau qu’est le sida, en 1993. Un casting exceptionnel, mobilisé pour une cause seule et unique : faire connaître le sida et aider à la prise de conscience du public. Le film n’est pas dans sa réalisation exceptionnel, et il est très classique dans son approche, mais il propose au moins une historique passionnant depuis l’apparition d’Ebola en Afrique, des premiers cas de sida dès 77 (premier cas du Danemark), 78-79 (en France) jusqu’à la brutale épidémie de sida qui a fait des ravages dans certains milieux au début et notamment celui des homosexuels, puis des toxicomanes…

Que ce soit grâce à la musique ou aux regards, à la destinée brève des personnages, le film attire l’attention sur la terrible épidémie qui a vu le jour au début des années 80 et qui en 25 ans a déjà fait des millions de victimes.

On suit quelques médecins et chercheurs quasi clandestins, dont l’objectif est de trouver le mode de développement du sida en remontant la piste des patients touchés. Depuis les premiers cas dans la communauté gay de Los Angeles qu’il ne fallait pas présenter comme homosexuels pour être sûr d’attirer l’attention des médias, puis les campagnes des homosexuels pour qu’on reconnaisse leurs souffrances, qui n’intéressaient pas les plus grands chercheurs à l’époque, on voit l’évolution de la maladie. On est entraîné dans la course vers le patient 0 qui a permis de mettre en évidence la chaîne de contamination et certaines des voies de transmission. On apprend dans les grandes lignes les références utilisées pour mettre à jour le virus et notamment la leucémie des félins qui a permis de faire un rapprochement avec les rétrovirus découverts par Gallo.

On découvre les combats de quelques courageux qui pendant les années Reagan, ont lutté pour la reconnaissance du sida et l’obtention de fonds publics de manière à mieux comprendre et appréhender cette maladie. En effet, au profit de la défense nationale, les USA ont réduit les dépenses liées à la santé dans les années 80. Beaucoup s’opposaient à l’attribution de fonds et d’aides pour permettre de faire des recherches sur le sida, en particulier car cela touchait les homosexuels. Le fameux “cancer des gays” comme on l’appelait a commencé à se manifester de plus en plus dans les milieux non homosexuels. Les immigrés haïtiens de Miami ont sûrement été les victimes qui ont attiré l’attention sur le fait que le sida n’était pas qu’une maladie de “gays”. Mais comme il s’agissait d’immigrés, parfois illégaux, il est évident que les USA n’ont pas pour autant déployé des fonds pour mieux savoir ce qu’était le sida à l’époque…

On comprend aussi les difficultés qu’ont eu certains militants du milieu homosexuel à faire comprendre à la population pourtant la plus touchée qu’il fallait prendre des mesures pour fermer les lieux qui permettaient la diffusion, comme les bains saunas gays, lieux de toutes les pratiques les plus libérées. Il n’y a pas de complaisance ni de jugements, lorsqu’on explore les lieux où s’est diffusée le plus vite le virus, tout en sachant que le Sida a longtemps fait l’objet des pires discriminations et qu’il a donc été difficile de légitimer certaines actions. On n’échappe pas au triste combat pour la paternité de la découverte du VIH… qui est sûrement le point le plus dommageable de cet historique, dans la mesure où il insiste sur la vanité de l’homme et la médiocrité de la gloire supposée, tirée de cette “découverte”.

Les visages se succèdent, disparaissent pour la plupart… L’émotion est très présente, bien que l’on ne tombe jamais dans la pathos, du fait de cette volonté très proche du documentaire, de reconstituer une Histoire du SIDA par des fragments d’histoires. Les dernières minutes rendant hommage à toutes les victimes sont très poignantes.

Un film témoignage, intemporel, qui reste toujours d’actualité et qu’il faut voir absolument!!!!

Titre anglais du film : “And the band played on”

Langue du film: FRANÇAIS
Diffusion d’origine: Sortie en salles le 23 Novembre 1994
Réalisateur: Roger Spottiswoode
Nationalité: États-Unis
Casting: Matthew Modine, Phil Collins, Alex Courtney, Richard Gere, Anjelica Huston, Steve Martin, Lily Tomlin
Durée: 2h 20 min
Genre: Drame
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Les Soldats de L'Espérance (1994) VF


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